L’orgue de Compesières et les Sarmates

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Il y a des matins où votre président, chers paroissien.ne.s de Compesières, se réveille un peu groggy. 

Le martèlement quotidien des dernières  nouvelles peut nous remplir d’effrois. Il est question des prochaines enfers que nous promet le réchauffement climatique, de la lancinante et terrible marche des migrants qui frappent à nos portes en quête de refuge, d’un logis, d’un travail et qu’on renvoie ou qu’on tente d’arrêter avec des murs de barbelés, loin là-bas, aux rudes confins de l’Europe, où les loups et les ours sont chez eux comme nos chats et nos chiens chez nous.

Il est question de la pauvreté qui gagne sournoisement des pans entiers de la société. Il est question des jeunes gagnés par l’écoanxiété. Il est question des petits salaires et des petites rentes que l’inflation ronge. Il est question d’abus et d’emprises de toutes sortes dont sont victimes les femmes et les enfants d’abord. Il est évidemment question de ce virus qui gouverne le monde depuis bientôt deux ans.

« Et moi, et moi et moi? » dit la chanson. A quoi votre président passe-t-il son temps dans le douillet cocon de notre paroisse depuis que vous l’avez élu le 13 juin 2021, président du Conseil de paroisse?

A gagner des sous pour couvrir les frais de nos bâtiments, à mettre modestement un peu d’huile dans les rouages administratifs et financiers un peu tendus de notre nouvelle unité pastorale*, à inventer un nouveau mode de vivre ensemble pour que se réalise ce projet de démolir l’orgue de notre église et de le reconstruire plus beau, plus grand, plus romantique qu’avant.

Je m’emploie encore avec quelques autres bonnes personnes à tenter de revitaliser notre maison commune de Compesières qui se meurt, faute à ma génération** d’avoir su transmettre le feu de la foi, l’amour de Dieu, son histoire, celle de son fils, mort et ressuscité pour notre salut (un fait déraisonnable mais fondateur de notre foi), celle de son église enfin, devenue pluriel et minoritaire. Nous en sommes ici les actuels aventuriers (sans doute pas les derniers), toujours divisés, tentés par le pouvoir, la toute puissance, la pleine conscience, la science, le plaisir, l’argent. 

C’est à ce stade de ma réflexion que surgissent les Sarmates, héros de la dernière BD d’Astérix le Gaulois.

Obélix et Astérix, et Panoramix alertés en rêve par un compère chaman, sont en route pour donner un coup de main à ce peuple lointain, confiné dans les brouillards et les glaces de l’est, tout ou bout du monde au temps des Grecs et des Romains. Bref, un pays de loups et d’animaux mythologiques, tel le Griffon qui donne son nom à l’album. Le scientifique de l’expédition promet à César de ramener la bête et la gloire de l’exhiber dans le Cirque de Rome. Il sait aussi, le scientifique, que les rivières de ces confins sont pleines de pépites d’or… La gloire et l’argent…

Vous me direz que ça fait beaucoup et qu’un cachet pour mieux dormir me ferait du bien. Un cachet pour cacher… 

Venons-en à l’orgue de Compesières. Une météo un rien orageuse entre votre serviteur et les représentants du comité pour l’orgue 21 a, cet automne, ralenti l’avancement du projet. La question est de savoir qui va assumer effectivement la responsabilité de construire et d’exploiter l’instrument.

Heureusement, le temps semble s’éclaircir. Des échanges récents de vive voix, par courriels et WahtsApp avec l’initiatitre du projet ont débouché sur ce constat: Aujourd’hui, la paroisse n’est pas en l’état et n’a sans doute pas les compétences ni les réseaux nécessaires pour suivre la construction d’un tel instrument et en assumer une heureuse exploitation. 

Bref, c’est au porteur du projet d’accepter ces responsabilités dans la durée. Il appartient dès lors à l’association pour l’orgue 21 de se structurer en conséquence pour durer. En commençant par modifier l’article 18 de ses statuts qui spécifie actuellement que l’association pour l’orgue est dissoute au lendemain de l’inauguration du nouvel orgue (fin 2024 début 2025 probablement).

Une autre hypothèse serait à l’étude: celle d’une maitrise d’ouvrage et d’une prise en charge de l’exploitation de l’instrument par l’association des Musicales.

Dans les deux cas, l’établissement d’une convention de partenariat entre la paroisse de Compesières et l’association qui s’engagera effectivement à bâtir et gérer l’instrument est nécessaire. C’est sur cette base que le projet pourra se réaliser au bénéfice de tous. C'est une bonne nouvelle. 

A suivre.

 

 

* Depuis le 1er janvier 2021, notre unité pastorale centrée sur un prêtre Elie Maomou et son auxiliaire à mi-temps Jean-Marc Lacreuze comprend les paroisses de Carouge, Acacias, Veyrier, Troinex et Compesières. En tout quelque 18’000 baptisés catholiques et quelques centaines de fidèles aux offices dominicaux.

** Bien que n’ayant pas encore franchi la barre des 70 ans, j’appartiens sociologiquement au segment des heureux septuagénaires

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