Le synode 2023. (Re)bâtir l’église

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D03470DF-F720-4C39-914F-F7FF4A303EE9.jpegLe pape François invite tous les catholiques à participer au synode 2023 (accès au document préparatoire). C’est un long chemin de réflexion et d’introspection. Ce n’est pas le premier synode et sans doute pas le dernier que l’Eglise convoque. Quel est le but? Retrouver la simplicité. Débroussailler les lignes de codes, les règles multiples que l’église, comme toute communauté humaine, a ajoutées au fil des siècles et ajoute toujours, dans un souci de bien faire en toutes circonstances, aux Dix Commandements, que Jésus a résumé en un seul: Aimez-vous les uns les autres.  

Le synode est donc un exercice d’élagage *. Pour entendre la voix de Dieu aujourd’hui. Dans le brouhaha des médias, des réseaux, des ifo, ifopas, des yaka et des fokon, y a du boulot!

Pour celles et ceux que cela intéresse, je vous propose quelques liens qui vous permettront d’en savoir plus et de suivre ce chemin de dialogue. Commençons par le petit guide du synode disponible sur le site www.eglisecatholique-ge.ch  En voici qulques autres (nulle doute ue vpus trouverz d’autres sites en butinant sur la toile): Cath.ch, Cath-ge.ch,  cath-fr.chsynod.vaDocument préparatoire, Itinéraire synodalUn Synode qui commence en paroisse, le site La Croix-Croire

Ce chemin permettra-t-il à l’église de retrouver le nord, demande-t-on ici et là, en particulier les sceptiques - nous tous - qui en ont déjà vu d’autres ou qui estiment que ce n’est pas la bonne démarche? Que leur répondre sinon qu’ils se taisent, affûtent leur ouïe et mettent leurs pas dans ceux de cet humble Dieu fait homme. 

« Ce que Dieu ne sait pas faire, étant amour, c’est dominer. »  Cette citation ouvre la préface que Jean-Blaise Fellay consacre au livre « Sentiers vers Dieu », qui regroupe des chroniques que Dominique Haeni a écrites pour le magazine  «Itinéraires». L’ancien chancelier de la République et Canton de Genève est devenu sur le tard marionnettiste et théologien. Il habite notre unité pastorale. La lecture de cette préface mérite d’être méditée. Le livre aussi. Au fait c’est à la Kermesse protestante de Compesières du dimanche du Christ Roi que je l’ai acquis.

Préface

Dans ces temps de déconstruction, Dominique Haenni reste serein. Pour lui, cela va dans la bonne direction. Les uns parlent d’effondrement de l'Église, de disparition de la foi. Lui il voit simplification, désarmement, renoncement au pouvoir.

Serein mais aussi concis. Admirable concision. Parler de Dieu exige la sobriété, précisément parce que l’on ne domine pas Dieu, nous devons lui laisser toute la place. Les dogmaticiens qui encombrent les bibliothèques de volume nous éloignent de lui, et se donnent trop d’importance. En matière religieuse, nous faisons trop, nous parlons trop. Nous devrions davantage nous taire et méditer. Revenir au centre et nous unifiée.

Je reviens à Dominique. Qui a rédigé ses pages : l’homme politique ? le musicien ? le théologien ? le père de famille ? Toutes ces facettes y ont contribué sans doute. Mais je pense que le plus fondamental, pour lui, c’est la fragilité de l’être humain. Chez Dominique, la vive conscience de nos limites va de pair avec la perception de l’incommensurable grandeur divine. Le surprenant, c’est que la distance qui en découle ne fait pas naître chez lui un sentiment d’écrasement. Au contraire, il en tire une joyeuse confiance.

C’est qu’il est chétien. 

Être chrétien, c’est croire en Jésus-Christ. C’est-à-dire en un homme dans lequel Dieu s’est révéler. Et voici que le cauchemar des philosophes s’évanouit. Si Dieu s’est fait homme, nos problèmes sont devenus ses problèmes. C’est bien notre chance, le drame de l’homme est devenu celui de Dieu. Et c’est bien lui qui est le plus à même de le résoudre. Les philosophes, aussi intelligents soient-il, s’y sont toujours cassé les dents.

Cela me renvoie à une autre activité de Dominique, sa relation aux petits enfants. Il a consacré beaucoup de temps à la confection d’un théâtre guignol et à la réalisation des personnages. Il a dompté le langage et la gestuelle des marionnettes pour parler aux enfants. De fait, il a été à catéchète sa vie durant. C’est l’activité la plus difficile : comment dire Dieu quand les mots sont incapables de le faire? Tous les professeurs de théologie devraient passer par l’école catéchétique. Jésus a demandé À ses disciples de se mettre à l’écoute des petits, ils ont tant de choses à nous dire. Écouter, écouter les histoires, c’est la meilleure façon de découvrir Dieu. C’est ce que font les petites chroniques de ce livre.

Jean-Blaise Fellay s.j.

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